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Dernière modification : 14 mai 2018

France-Vietnam : un portail entre les cultures 2017-2018

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France-Vietnam : un portail entre les cultures - séance 9 février 2018
Crédits : ENS / ANR-10-LABX-0099

Vendredi 9 février 2018 – 16h-18h – salle d’Histoire (ENS, 45 rue d’Ulm)

Repenser la production des espaces publics contemporains au Vietnam. Réflexions à partir de Hồ Chí Minh Ville

par Marie Gibert-Flutre (UMR Cessma, UFR de Langues et Civilisations de l’Asie Orientale, Université Paris-Diderot)

À rebours des formes bâties les plus visibles, les espaces publics des villes vietnamiennes constituent autant de « creux de la ville », des espaces d’entre-deux parfois considérés comme un manque à gagner dans le cadre d’une valorisation foncière métropolitaine exacerbée. Menacés dans leurs formes quotidiennes les moins spectaculaires – petits carrefours, ruelles, parcs miniatures, morceaux de trottoirs –, les espaces publics sont aussi, paradoxalement, de plus en plus plébiscités pour devenir des marqueurs métropolitains, susceptibles d’incarner l’identité de villes aux formes de plus en plus « génériques ».

Ma présentation propose un travail réflexif, de déconstruction scientifique du concept d’espace public, afin de mettre au jour les apriori inconscients qui le traversent, du fait même de son contexte initial de production, en commençant par rappeler que le concept d’espace public est le fruit d’un construit historique situé, véhiculant un idéal normatif hérité de son contexte de production européen. De ce fait, l’application directe de ce concept - et des présupposés qui l’accompagnent plus ou moins consciemment - présente un grand nombre de limites sur les terrains d’étude étrangers à ce cadre initial de production, en particulier dans le cas vietnamien.

L’exploration de ce terrain extra-européen constitue donc une invitation à repenser le concept d’espace public dans sa complexité et sa richesse, en le délocalisant. Par la diversité des formes qu’ils prennent et des usages citadins qu’ils génèrent, les espaces publics des villes vietnamiennes permettent de dépasser une lecture binaire de la métropolisation, opposant grands projets et petites formes urbaines héritées, promoteurs immobiliers internationaux et habitants, échelle métropolitaine et échelle locale, hyper-centre et quartiers résidentiels.

 

L’échec des efforts de paix en 1946 : qui est Ho Chi Minh ?

par Nguyen Thi Tu Huy (Laboratoire du Changement Social et Politique, URF Sciences Sociales, Université Paris Diderot)

Cette interrogation s’impose aux spécialistes et biographes de Hô Chi Minh, le père du communisme vietnamien : est-il nationaliste ou essentiellement communiste ? Il y a plus qu’une réponse. Parfois plusieurs réponses sont trouvées même chez une personne qui pose la question. D’abondants documents n’aident pas à une reconstitution logique et unique de Hô Chi Minh, au contraire le personnage est effacé dans et par ces portraits dessinés depuis de différents angles ou depuis des points de vue très différents et même opposés. Le même effet produit par ses textes qui présentent un ensemble des pensées opposées. Hô Chi Minh ressemble étrangement à un personnage du roman post-moderne qui se construit en s’éclipsent ou en se déconstruisant au fur et à mesure de son histoire.

Hô Chi Minh a réalisé un projet de négociation avec la France dans le but de sauver la paix. Cette négociation impossible a été relatée par Jean Sainteny dans son livre « Histoire d’une paix manquée ». L’échec de ses efforts de paix en 1946 peut nous apporter un élément pour comprendre Hô Chi Minh, le personnage historique le plus complexe du Viet Nam contemporain.

 

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