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Dernière modification : 13 mars 2017

Le Narrenschiff de Sébastien Brant

Frédéric BARBIER – IHMC
Depuis 2015

  Sommaire  

 Résumé

Publié à Bâle en 1494 (1493 n. s.), le Narrenschiff (Stultifera navis, La Nef des fous) fonctionne comme l’idéaltype de plusieurs innovations majeures induites par l’apparition de l’imprimerie.

  1. Sur le plan de l’écriture : l’auteur, un contemporain, est un clerc, mais il rédige en langue vernaculaire et il prévoit d’accompagner son texte par une illustration très riche.
  2. Le Narrenschiff met en évidence la nouvelle configuration du champ littéraire et le rôle du libraire éditeur.
  3. Sur le plan de l’histoire de la lecture et de ses pratiques : avec ses vingt-six éditions – en allemand, latin, français et néerlandais, publiées avant 1501 – il est un véritable best-seller, qui a pu atteindre 13 000 exemplaires diffusés en sept ans à peine. Ce succès se prolonge dans les premières décennies du XVIe siècle.

 

L’objectif de l’enquête consacrée au Narrenschiff vise à reprendre le dossier de cet ouvrage particulièrement connu, en mettant l’accent d’abord sur le comparatisme d’une édition (et d’une langue) à l’autre, mais aussi sur les conditions et sur la conjoncture de sa réception. La cadre chronologique choisi s’étend de 1493 (1ère édition allemande) à 1574 (édition bâloise, à l’adresse de Sebastian Henripetri) et 1579 (édition lyonnaise, par Jean d’Ogerolles). De fait, la tradition du Narrenschiff semble avoir largement disparu à partir de la fin du XVIe siècle : mentionnons pourtant une édition beaucoup plus tardive, donnée à Augsbourg par Johann Caspar Bencard en 1708, mais avec un contenu et une « mise en livre » radicalement différents de ceux des modèles anciens.

 

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