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Dernière modification : 24 février 2017

Controverses dans la République des Lettres

Sophie ROUX – République des Savoirs
Depuis 2013

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 Présentation

La République des lettres a été une République de controverses, de disputes, de querelles et de polémiques. Il n’y a pas à déplorer le fait comme s’il s’agissait d’un accident regrettable. Il convient plutôt de le comprendre. La République des lettres s’est définie en substituant au principe d’autorité l’empire de la raison. Mais, les raisons étant aussi nombreuses que le sont les citoyens de ladite République, toute proposition avancée par l’un était susceptible d’être combattue par l’autre, et le fut effectivement. La circulation des savoirs d’une discipline à l’autre et la confrontation des disciplines constituèrent également une occasion de controverses.

On entend ici par « controverse » un échange polémique dans lequel plusieurs positions antagonistes, i) qui ne sont pas seulement des préférences personnelles, mais des positions susceptibles d’être l’objet d’une argumentation rationnelle, ii) sont effectivement confrontées les unes aux autres sans qu’aucun des protagonistes ne maîtrise l’issue de la confrontation, et iii) alors que les procédés usuels permettent de trouver rapidement une sortie de conflit.

Quoique la définition proposée soit très générale et puisse s’appliquer à des époques plus récentes et dans différents domaines, on se propose d’étudier les controverses dans les sciences et la philosophie d’un long âge classique (mi XVIe siècle – mi XVIIIe siècle), correspondant au moment de la République des Lettres. Cette période présente en effet un intérêt particulier pour une telle étude. Il s’agit tout d’abord d’une période où les frontières entre disciplines sont en négociation permanente. De nouvelles pratiques savantes (réseaux de correspondances, apparition des premiers journaux savants, constitution d’un « public ») se développent, tout en s’articulant à d’autres pratiques plus anciennes, qu’elles soient issues de la dialectique ancienne, liées à l’enseignement des Écoles (la disputatio), ou aux Guerres de religion (la controverse religieuse).

L’objectif scientifique de ce projet est non seulement de dresser une cartographie des controverses (selon les disciplines, les publics, les types de clôture), mais aussi de développer des outils théoriques permettant de mieux comprendre les controverses en général. Il va sans dire que cet objectif ne sera atteint qu’à donner lieu à différentes publications. Il s’accompagne d’un objectif structurel : constituer un peu durablement un réseau européen en histoire des sciences et de la philosophie, constitué de chercheurs de Paris, Lille, Nimègue, Gand, et Bucarest qui ont eu l’occasion de travailler ensemble dans le contexte d’autres projets internationaux.

 

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