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Dernière modification : 21 mars 2017

Auctorem fidei
Origines, interprétations, postérités

Jean-Baptiste AMADIEU – République des Savoirs
2016

  Sommaire  

 Bilan

Deux questions principales ont donc orienté le colloque : quelles sont les origines, la place et la portée de la bulle Auctorem fidei dans l’histoire des jansénismes sur une longue période ? En quoi ce texte constitue-t-il le premier jalon dans l’analyse et la condamnation des « erreurs modernes » ? Les propositions condamnées ne se limitent pas aux affirmations doctrinales sur la grâce, mais portent sur des domaines aussi variées que la politique (joséphisme), l’ecclésiologie (d’où son enjeu dans la polémique entre « gallicans » tardifs et ultramontains), les rapports entre le droit ecclésiastique et le droit étatique, et même l’historiographie, en particulier sur la manière dont on écrit l’histoire de l’Église. Le colloque, nécessairement interdisciplinaire, a réuni des chercheurs en histoire, en philosophie, en théologie, en droit canonique et en littérature, pour réévaluer l’importance exacte de ce texte dans l’histoire des institutions et des idées.

 

Les résultats ont comblé les attentes des deux organisateurs, Jean-Baptiste Amadieu (République des Savoirs, porteur du projet TransferS) et Simon Icard (Laboratoire d’Études sur les Monothéismes). Ont été réunis des chercheurs de divers horizons géographiques, spécialisés sur la période et sur le jansénisme, en particulier Wolfgang Mager, de l’Université de Bielefeld, pour traiter des prémices conflictuelles, avec une belle étude sur la consultation des cinquante avocats du parlement de Paris (1727) contre le concile d’Embrun ; Grazia Grasso, de Genève, qui a abordé la controverse italienne après la bulle ; et Marco Rochini (Université catholique de Milan) qui a présenté un exposé sur la réception de la bulle dans le jansénisme lombard-vénitien, en s’intéressant aux implications religieuses et politiques du texte.

Les trois aspects que les organisateurs s’étaient fixés ont été abordés de façon magistrale :

  1. Les origines de la bulle, avec les interventions de W. Mager, mais aussi d’Albane Pialoux (Paris-Sorbonne) sur les enjeux diplomatiques au temps du cardinal de Bernis, et de Simon Icard sur la généalogie intellectuelle de l’idée d’un « obscurcissement de la vérité », véritable fil rouge du jansénisme depuis l’Augustinus, et première proposition condamnée par la bulle.

  2. L’interprétation du texte : Gérard Pelletier et Sylvio De Franceschi ont éclairé le sens théologique de la bulle, et Bernard Callebat (Faculté de droit canonique de Toulouse) sa portée juridico-canonique, par rapport au droit à la fois civil et ecclésiastique du mariage ; Jean Dubray a traité de la lecture de la controverse par l’abbé Grégoire.

  3.  La réception de la bulle : en Italie, grâce aux interventions de Marco Rochini et Grazia Grasso ; en France, avec l’intervention de Rémy Hême de Lacotte (Centre d’histoire du XIXe siècle) qui a traité de la réception de la bulle dans le clergé français sous la Restauration ; enfin, au sein de la Curie romaine, avec l’intervention de Jean-Baptiste Amadieu, sur l’usage de la bulle par les censeurs de la Congrégation de l’Index au XIXe siècle.

 

Les deux journées se sont déroulées en la présence, et comme sous le patronage, de Philippe Boutry, auteur d’un article pionnier sur l’idée d’une bulle pivot entre entre les condamnations du jansénisme et la traque ultérieure des idées modernes. Concluant le colloque, il a salué les avancées historiques et interprétatives sur ce texte, nécessitant des approches transdisciplinaires, sur plusieurs périodes et aires géographiques. Devant cette réussite, les organisateurs ont décidé d’une publication rapide des actes, dans la collection « Littérature et censure » des éditions Classiques Garnier. Outre les interventions du colloque, le volume envisagé comprendra des textes qui combleront certains vides (l’usage de la bulle par les consulteurs du Saint-Office lors de la crise moderniste, par exemple).

 

Les propositions condamnées ne se limitent pas aux affirmations doctrinales sur la grâce, mais portent sur des domaines aussi variées que la politique (joséphisme), l’ecclésiologie (d’où son enjeu dans la polémique entre « gallicans » tardifs et ultramontains), les rapports entre le droit ecclésiastique et le droit étatique, et même l’historiographie, en particulier sur la manière dont on écrit l’histoire de l’Église. Le colloque, nécessairement interdisciplinaire, réunira des chercheurs en histoire, en philosophie, en théologie, en droit canonique et en littérature pour réévaluer l’importance exacte de ce texte dans l’histoire des institutions et des idées.

 

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