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Dernière modification : 3 avril 2017

Architecture et polychromie antique
Transferts idéologiques et archéologiques

Delphine BURLOT – AOrOc
Depuis 2015

  Sommaire  

 Présentation

La découverte de la polychromie de l’architecture grecque au XIXe s. est l’objet de débats qui dépassent le seul enjeu esthétique. La vision de l’Antiquité est alors fondée sur une lecture des textes et des vestiges qui privilégie la peinture de chevalet aux dépens de la peinture murale et théorise l’Ideal Skulptur, à l’origine de l’art occidental, à partir du marbre blanc. Les mécanismes de transmission et réception de ces idées ont été étudiés dans le projet TransferS 2012, conclu par la table ronde « L’héritage germanique dans l’approche du décor antique » (Pictor 2, Ausonius Éditions 2014).

Ce premier bilan permet d’explorer les retombées au-delà du strict domaine archéologique et de prolonger la démarche diachronique. Ce refus de la polychromie est repris des auteurs antiques qui tiennent la quadrichromie originelle pour la référence absolue et font des chefs d’oeuvre de Zeuxis et Apelles les modèles inégalables pour les générations d’artistes à venir. La polychromie, apportée par les pigments précieux (cinabre, bleu égyptien) et les marbres colorés des résidences impériales (Maison dorée de Néron), est alors associée à la décadence de la grande peinture, tant par des historiens (Pline, Plutarque) que des collectionneurs. Ces idées sont véhiculées par les compilateurs médiévaux, reprises dans la querelle des Anciens et des Modernes au XVIIe siècle, « confirmées » par les fouilles campaniennes des Bourbons au XVIIIe siècle, puis traduites en concepts scientifiques au siècle suivant. Pour les archéologues formés à cette école, la relecture polychrome des monuments grecs de Hittorff, appuyée sur des observations de terrain, reste lettre morte. Elle devient à l’inverse théorie féconde pour un architecte comme G. Semper (1803-1879) qui utilise les données matérielles pour fonder sur la couleur une autre histoire de l’architecture. Paradoxalement, un autre transfert s’opère aujourd’hui : si les reconstructions antiques de Semper sont soumises aux révisions de l’archéologue contemporain, les renversements de valeur qu’il opère entre la couleur et le mur génèrent des questionnements nouveaux et dérangeants pour les théoriciens de la peinture murale antique.

 

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