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Dernière modification : 23 mars 2015

Les produits biologiques en archéologie
Recherche, sauvegarde et patrimoine

Dominique FRÈRE – AOrOc
2012

  Sommaire  

 Bilan

Séminaire des 15 et 16 mai 2012 - labex Transfers - École normale supérieure, UMR 8546 (AOrOc) - Université de Bretagne Sud - Laboratoire Cerhio

Ce séminaire vise à familiariser les étudiants et les professionnels de l’archéologie et du patrimoine aux analyses physico-chimiques et paléogénétiques des produits biologiques, les sensibiliser au potentiel des méthodes actuelles (mais aussi à leurs limites) en établissant un dialogue direct entre chimistes, paléogénéticiens, archéobotanistes d’une part et archéologues, conservateurs de musée et restaurateurs d’autre part.

L’après-midi du 15 mai est consacré à la présentation des programmes et thématiques de recherche actuels de 8 laboratoires français dans le domaine des études et analyses botaniques, physico-chimiques, chimiques et paléogénétiques des produits biologiques et matériaux organiques.

Lors de la journée du 16 mai sont présentées des études de cas donnant lieu à des débats publics dans le cadre de cinq sessions thématiques :

  • Collections de musées et restauration
  • Archéologie des pratiques funéraires et sacrificielles
  • Archéologie des techniques et des échanges
  • Archéologie des pratiques culinaires et alimentaires
  • Archéologie des matériaux aromatiques et médicinaux

 

ANR lauréate

MAGI (Manger, boire, offrir pour l’éternité en Gaule et Italie préromaines : Archéologie des offrandes funéraires de produits biologiques dans les cultures celtes, étrusques, italiques et phénico-puniques (VIe s. -Ier s. av. J.-C.).

Les cultures celtes, étrusques, italiques et phénico-puniques ne nous ont pas laissé de sources littéraires concernant les rituels funéraires. Leur connaissance est permise grâce à différentes approches iconographiques, épigraphiques et surtout archéologiques qui se sont progressivement mises en place avec l’apport déterminant de nouveaux développements de l’archéologie funéraire. L’archéobotanique et l’archéozoologie fournissent des données fondamentales sur des composantes essentielles du rituel : le sacrifice sanglant et non-sanglant (les offrandes biologiques dans les tombes et leur environnement immédiat). De par leur nature, plus visibles que les graines et les fruits, les ossements animaux ont très tôt été étudiés en contexte funéraire. En revanche, la présence de restes d’aliments végétaux, de tapis de fleurs ou de substances résineuses ou bitumeuses (dont les encens), déterminée grâce aux micro- et aux macrorestes est bien plus délicate à mettre en évidence. Il en est de même pour les résidus conservés dans des récipients. Une analyse d’envergure sur la nature et les raisons du dépôt d’offrandes biologiques fait totalement défaut. Situation doublement dommageable, d’abord par la richesse d’informations qu’a apportée, pour la période romaine, ce type d’études à la connaissance des rituels depuis simplement une décennie et ensuite parce que les méthodes d’investigation sont fiables et faciles à mettre en oeuvre. D’autre part, une catégorie importante d’offrandes funéraires demeure le plus souvent invisible aux yeux des archéologues : les matériaux organiques amorphes, produits solides ou fluides contenus dans des récipients qui semblent avoir totalement disparu. Il est actuellement possible d’identifier les matériaux originels à partir de leurs marqueurs chimiques ou de fragments de séquences ADN. Le recours à ces technologies est encore relativement rare. En effet, l’obtention de résultats positifs et exploitables dépend de nombreux paramètres que ne peuvent pas toujours maîtriser les archéologues ; seul un travail interdisciplinaire initié avant même le prélèvement peut garantir la pertinence des études. L’objectif du programme MAGI est de mettre en place une approche transdisciplinaire combinant différentes méthodes de fouilles, de prélèvements et d’analyses des restes visibles et invisibles de produits organiques conservés dans la tombe. Dans un premier temps, une fouille stratigraphique fine (de l’ensemble de la tombe mais aussi de l’intérieur des récipients) combinant granulométrie, tamisage et prises de vue macrophotographiques permettra d’une part de cerner la nature des différentes couches stratigraphiques observées et d’autre part de sélectionner les prélèvements pour identifications des restes botaniques et ichtyologiques. Dans un second temps, seront sélectionnés, s’il y a lieu, les matériaux et contenants pour analyses permettant l’identification précise des résidus et contenus. Cette approche combinée et hiérarchisée des différentes méthodes et techniques sera possible grâce à la collaboration de huit équipes de recherche et d’un large panel de disciplines complémentaires. Elle permettra d’exploiter au mieux les données archéologiques, biologiques et minéralogiques des contenus des récipients archéologiques, dans un cadre de collaboration pluri-et interdisciplinaire. Trois séminaires seront organisés ainsi qu’un colloque de fin de programme présentant l’ensemble des résultats. Le programme MAGI donnera lieu à trois publications (les actes du colloque, un catalogue d’exposition et une base de données en ligne), à un atelier de formation doctorale à Rome (Ecole française de Rome : il portera sur les potentialités et les limites offertes par les analyses botaniques, zoologiques, chimiques et génétiques des produits organiques), à deux ateliers de formation spécialisée (l’un en France au Mont-Beuvray, l’autre en Italie à Naples) s’adressant aux professionnels de l’archéologie, et à une exposition au musée de Lattes.

 

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