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Dernière modification : 4 avril 2018

Verónica TRUJILLO-GONZÁLEZ

Université de Las Palmas de Gran Canaria (Espagne)
Invitée de l’ITEM – avril 2018

Verónica Trujillo-González - invitée avril 2018

En avril 2018, le labex TransferS, Jean-Marc Hovasse et Richard Walter (ITEM) accueillent Verónica TRUJILLO-GONZÁLEZ, de l’Université de Las Palmas de Gran Canaria (Espagne).

 

D’Elio A. de Nebrija à Paul Perny : exemples de transfert culturel à travers les dictionnaires sur trois continents

Les dictionnaires sont des objets culturels qui renferment, non seulement un répertoire de mots et des définitions, mais, surtout, une vision particulière liée à son auteur et à la société au sein de laquelle sont édités les dictionnaires. Ainsi, le savoir-faire lexicographique a été construit sur de nombreux transferts des connaissances qui ont eu lieu tout au long de l’histoire et qui ont franchi les frontières nationales pour devenir les biens communs d’une culture du partage du savoir.
Ce séminaire vise à montrer les transferts culturels qui ont contribué à la construction d’une discipline, la lexicographie, élaborée à travers différents outils, les grammaires et les dictionnaires. Il parcourra donc différentes civilisations, de l’Europe à l’Amérique en passant par l’Asie, pour terminer, en guise d’illustration, par la présentation de l’ouvrage d’un des sinologues ou proto-sinologue français le plus remarquable du XIXe siècle, Paul Perny.

 

  • 11 avril 2018 – 14h30-16h30 – ITEM (CNRS Pouchet), salle 124
  • Les premiers dictionnaires : un aperçu historique
  • Lors de cette première séance, nous étudierons l’apparition des premiers dictionnaires. Afin de montrer comment la discipline lexicographique s’est construite, nous réaliserons un parcours diachronique avec les ouvrages les plus représentatifs de ces périodes Le point de départ de cette première séance sera donc l’apparition de l’écriture et, par conséquent, le besoin de codifier le monde qui entoure les sociétés qui ont vu naître les premiers ouvrages lexicographiques ou protodictionnaires. Ensuite, nous passerons en revue les œuvres lexicographiques les plus remarquables de l’Antiquité classique et nous finirons avec la présentation de celles qui ont contribuées de manière décisive dans l’évolution de la discipline au Moyen Âge.

 

  • 18 avril 2018 – 14h30-16h30 – ITEM (CNRS Pouchet), salle 108
  • Les ouvrages de Nebrija comme modèle lexicographique en Europe et en Amérique
  • Les publications, en 1492, de la Gramática castellana et du premier dictionnaire qui contient une langue vulgaire, le Vocabularium latino-español, tous les deux d’Elio A. de Nebrija, sera le point de départ de cette deuxième séance. En effet nous verrons que le savoir lexicographique des ouvrages de Nebrija a été exporté, non seulement en Europe et en Amérique, mais aussi en Asie. Concrètement, tout au long de cette séance, nous étudierons comment l’ouvrage de Nebrija a été utilisé en Amérique comme base pour la codification des langues amérindiennes.

 

  • 25 avril 2018 – 14h30-16h30 – ITEM (CNRS Pouchet), salle 124
  • La lexicographie européenne aux Philippines et en Chine
  • Cette troisième séance sera consacrée à montrer comment l’ouvrage de Nebrija a servi comme base pour le développement de la lexicographie européenne en Asie, en particulier, aux Philippines, mais aussi en Chine.
    La plupart des missionnaires arrivés aux Philippines venait d’Amérique. Ces missionnaires connaissaient donc les ouvrages lexicographiques développés en Amérique. Ce modèle américain, inspiré de Nebrija, sera celui qu’ils vont transférer en Asie, en particulier, à travers le Vocabulario en lengua castellana y mexicana (1555) d’Alonso de Molina. Effectivement, comme le souligne Sueiro Justel (2004), l’œuvre de Molina constitue le lien entre l’Asie et l’œuvre de Nebrija, à travers l’expérience inestimable du travail lexicographique réalisé en Amérique.
    Lors de cette séance nous présenterons également certains des ouvrages les plus remarquables de la lexicographie des langues occidentales avec le chinois, car la situation géographique des Philippines favorise l’élaboration et la circulation de ces œuvres.
    Bien que l’ouvrage de Molina soit devenu le référent lexicographique exporté d’Amérique en Asie, il y a d’autres ouvrages développés sur le territoire asiatique qui se sont également constitués comme des modèles linguistiques. Ainsi, l’œuvre du père Varo, Arte de la lengua mandarina, publié à Canton en 1703, est considérée par Abel-Rémusat (1822) comme la plus ancienne des grammaires chinoise dignes de ce nom. Cette grammaire qui suit aussi la structure de l’ouvrage latin de Nebrija sera le modèle imité longtemps en Asie par les Européens. Cependant, le modèle latin ne répond pas à tous les besoins des langues orientales et ainsi le fait remarquer le père Joseph Prémare dans son œuvre Notitia Linguae Sinicae (écrite en 1723, mais publiée en 1831), où il établit la distinction pour le chinois entre ce qu’on appelait la langue écrite et la langue orale.

 

  • 27 avril 2018 – 14h30-16h30 – ENS (bâtiment Jaurès), salle Paul langevin
  • Séance avec Richard Walter (ITEM)
  • Pour une approche génétique et numérique des ouvrages lexicographiques de Paul Perny
  • Dans cette quatrième et dernière séance nous allons nous pencher sur l’ouvrage sinologique d’un missionnaire français du XIXe siècle, Paul Perny. Il s’agit d’un auteur prolifique et polémique du XIXe siècle qui est tombé presque complètement dans l’oubli au XXe siècle. Perny est aussi, en quelque sorte, le dernier maillon qui marque la fin de la tradition sinologique missionnaire française en Chine et le début et la consolidation de la sinologie académique en France.
    Parmi les publications de cet auteur, on peut distinguer l’ensemble consacré à l’apprentissage de la langue chinoise : le Vocabularium latino-Sinicum (1861) et le Dictionnaire français-latin-chinois de la langue mandarine parlée (1869), l’Appendice du Dictionnaire français-latin-chinois de la langue mandarine parlée (1872). Il faut souligner que l’œuvre de Perny ne se limite pas à la publication de ces ouvrages et se complète par la publication de la Grammaire de la langue chinoise orale et écrite Vol. 1 (1873), Vol. 2 (1876), la compilation et publication, en 1869, d’un livre de proverbes, Proverbes chinois recueillis et mis en ordre, ainsi que par la publication, en 1872, de Dialogues chinois – latin. Traduits mot à mot avec la prononciation accentuée.
    Pour préserver le patrimoine documentaire lié à l’œuvre et à la vie de Paul Perny, ainsi que pour retracer la construction de son œuvre didactique et lexicographique, nous avons entrepris la réalisation d’un projet numérique d’édition et d’archivage des avant-textes de cet auteur à travers la constitution d’un dossier génétique. Nous finirons donc ce séminaire en exposant ce projet numérique qui est toujours en cours de réalisation et qui vise à mieux comprendre la genèse de l’œuvre de Perny, et, en particulier, de ses deux dictionnaires et de sa grammaire.

 


  • Entrée libre dans la limite des places disponibles. Visioconférence possible pour les séances sur le site CNRS Pouchet.

    Contacts :
    Richard Walter : e-mail et 01.40.25.12.39
    Vérónica Trujillo-González : e-mail

    11, 18 et 25 avril – 14h30-16h30
    11/04 et 25/04 : salle 124 ; 18/04 : salle 108
    ITEM, CNRS Pouchet
     59/61 rue Pouchet, 75017
    (http://www.pouchet.cnrs.fr/plan.htm)

    27 avril – 14h30-16h30
    salle Paul Langevin (2ème étage, aile Ulm)
    ENS, bâtiment Jaurès
    29 rue d’Ulm / 24 rue Lhomond, 75005


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