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Dernière modification : 9 janvier 2017

Littérature et cosmopolitisme : discours, poétiques, pratiques, circulations 2015-2016

THALIM

 

Vendredi 5 février 2016 - Immeuble Rataud - Salle Henri Cartan, ENS, 45 rue d’Ulm, Paris 5e

Francesa Orsini (University of London/SOAS)

« Géographies significatives » en lieu et place de « littérature mondiale » - il ne s’agit pas seulement de cosmopolitisme ! / « Significant geographies » in lieu of « world » literature - it’s not just about the cosmopolitans

 - séance en anglais -

 

Les approches les plus courantes de la littérature mondiale, qu’elles se fondent sur un système-monde avec un centre et des périphéries ou bien sur un modèle de circulations, partent du principe qu’il y a, aujourd’hui, une littérature mondiale. Les conceptions alternatives d’une littérature « planétaire » ou « globale » peuvent remettre en cause cette unité supposée mais une hiérarchie implicite demeure qui aboutit à marginaliser les neuf dixièmes du monde, en tout cas les neuf dixièmes de la littérature produite dans le monde. Celle-ci est rayée de la carte, alors même que semblent valorisés le « transnational » et le « cosmopolite ». En développant une approche ascendante (“bottom-up”) et multilingue de la littérature mondiale qui puisse prendre au sérieux le « local » au lieu d’un « mondial » ou d’un « global » générique, auquel très peu de gens ont finalement accès, je propose d’utiliser le terme de « géographies significatives » qui me semble être un concept à la fois plus modeste et plus exact pour réfléchir de manière productive et imaginative aux littératures du monde. Par « géographies significatives » j’entends à la fois les géographies conceptuelles et imaginaires des textes et des genres, comme les réseaux qui permettent à ces genres et à ces textes de circuler. Dans les cultures littéraires multilingues, ces « géographies significatives » sont toujours multiples et elles se chevauchent en partie. Leur étude permet d’identifier les processus de transmission, de traduction, d’appropriation ou d’élaboration, comme les procédés d’inclusion et d’exclusion, qui permettent d’échapper à l’hubris de la « littérature mondiale ». J’illustrerai mon propos à partir de mon travail sur l’histoire littéraire multilingue de l’Inde du Nord dans la première modernité, et je prendrai appui sur des genres et des textes en hindi, urdu, persan et anglais.

Current conceptualisations of world literature, based on a centre-peripheries world system model or on circulation, assume that there is, now, one world literature. Alternative conceptualizations of “planetary” or “global” literature may question its supposed unity or emphasise technologies of circulation and exclusion, but an implicit hierarchy is nonetheless set in place that ends up making nine tenths of the world, and of literature produced in the world, drop off the map or appear hopelessly “peripheral ”, while valorising the transnational and the cosmopolitan. In developing a “bottom-up” and multilingual approach to world literature that takes the local seriously, in lieu of a generic “world” or “global” elsewhere, to which only very few ever have access, I propose “significant geographies” as a more modest and accurate concept that stimulates us to think imaginatively and productively about literature in the world. By “significant geographies” I mean both imaginative and conceptual geographies within texts and genres as well as the networks along which texts and genres circulate. In multilingual literary cultures such “significant geographies” are always multiple and only partly overlap. In exploring them we can trace actual processes of transmission, translation, appropriation, and elaboration, as well as inclusion and exclusion, and avoid hubristic claims to “world literature.” My examples will come from my current work on the multilingual literary history of early modern North India, drawing from a number of texts and genres in Hindi, Urdu, Persian and English.

 

Francesca Orsini is Professor of Hindi and South Asian Literature at SOAS (School of Oriental and African Studies, University of London), where she did her PhD on the Hindi public sphere of the 1920s and ’30s (published as The Hindi Public Sphere 1920-1940 : Language and Literature in the Age of Nationalism, OUP Delhi 2002, Hindi tr. Vani 2010). Her research interests span modern and contemporary Hindi literature ; popular literature in Hindi and Urdu ; women writers and women’s journals ; book history and nineteenth-century commercial publishing in Hindi and Urdu (Print and Pleasure : Popular literature and entertaining fictions in colonial North India, 2009) ; and the multilingual history of literature in early modern North India. She has organized several workshops and conferences, including Love in South Asia (CUP 2006), Before the Divide : Hindi and Urdu literary cultures (2010), After Timur Left : Cultural production and circulation in fifteenth-century North India (2014, with Samira Sheikh), and most recently Tellings and Texts : Music, Literature, and Performance in North India (2015, with Katherine B. Schonfield). She has newly embarked on an ERC-funded project on « Multilingual locals and significant geographies : for a bottom-up approach to world literature » which explores and compares the modern literary cultures of north India, Maghreb, and the Horn of Africa (with Karima Laachir and Sara Marzagora).

 

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