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Dernière modification : 22 mai 2017

Les fleuves anatoliens, entre Orient et Occident : axes et frontières

Anca DAN – AOrOc
Depuis 2016

  Sommaire  

 Résumé

Bien que les grands fleuves représentent des enjeux stratégiques et économiques importants pour la Turquie et ses voisins orientaux – autant pour la production locale d’énergie « propre » que pour l’irrigation des champs et l’approvisionnement des villes –, ils sont encore absents des débats d’histoire et archéologie environnementale. On ne parle des régions reculées dans l’Est de l’Anatolie, aux confins de la Géorgie, de l’Arménie, de l’Irak, de la Syrie et de l’Égypte, que pour rappeler les vieilles craintes d’un Occident menacé par les « Barbares » de l’au-delà de l’Euphrate ou lors des catastrophes naturelles. Les images des fleuves sortant de leurs lits font régulièrement l’actualité et suscitent l’étonnement, comme si l’on découvrait que l’homme restait dépendant de la nature. La consternation ne fut pas moindre dans les années 2000, devant les communautés de villageois de l’Euphrate refusant d’être délogées, lors de la construction des centrales hydroélectriques. On avait alors oublié que la rivière façonnait non seulement la vie des individus, mais aussi les destins des communautés.

Le Halys (Kızılırmak), le Phase (Don, Rioni, Aras ou Çoruh), l’Euphrate et le Tigre ainsi que le bras le plus oriental du Nil ont souvent été considérés comme des frontières entre l’Europe et l’Asie. La zone qu’ils délimitent, correspondant pour les Anciens à un isthme « syrien » (dit aussi cappadocien ou assyrien) entre la mer Noire, la mer Rouge, la Méditerranée et la Grande Asie, a été le cadre d’éclosion des grandes cultures proche-orientales, mais aussi des confrontations entre Grecs et Romains d’une part et Iraniens et Arabes de l’autre. En prenant les cours d’eau comme repères, nous essayons d’expliquer comment ces différentes civilisations se sont influencées, dans leur approche et exploitation des fleuves. Notre point d’ancrage est l’Antiquité (proche-orientale et classique), clé pour la compréhension des périodes plus récentes. Historiens, archéologues, géographes et ingénieurs se rencontreront lors de trois journées thématiques pour discuter du rôle des fleuves est-anatoliens dans la naissance de l’Occident, par analogie ou en contraste avec l’Orient.

 

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