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Dernière modification : 26 mars 2018

La fabrique des champions
Ethnographie de la lutte avec frappe au Sénégal

Julien BONHOMME – LAS
Depuis 2015

  Sommaire  

 Résultats

Après une importante période d’enquête de terrain et de travail d’archives, le projet est maintenant dans sa phase d’écriture et de restitution des recherches. Des missions de terrain, tantôt individuelles, tantôt collectives, ont été menées au Sénégal depuis 2014 jusqu’en 2017. Ces missions, totalisant une durée de 8 mois, ont permis de couvrir toute la chaîne des acteurs et institutions impliqués dans le monde de la lutte sénégalaise : les instances dirigeantes en charge de la gestion de la lutte, les promoteurs qui financent ce sport-spectacle à visée commerciale, les médias qui contribuent à forger la célébrité des grands champions, mais aussi et bien sûr les lutteurs eux-mêmes et les « écuries » dans lesquelles ils s’entraînent.

À travers une enquête par immersion au sein de plusieurs écuries de lutte dans les quartiers populaires de Dakar et sa banlieue (notamment aux Parcelles assainies), l’accent a été mis sur les aléas et difficultés de la carrière de lutteur, tout particulièrement à ses débuts. Cette carrière incarne les espoirs de réussite socioéconomique de la jeunesse masculine des classes populaires urbaines. Cependant, devenir lutteur n’est pas uniquement une affaire de talent sportif. Cela nécessite en parallèle un important travail de mobilisation locale et translocale, sans lequel un jeune lutteur ne peut espérer devenir un jour un champion « populaire ». Nous avons ainsi examiné comment les espoirs de réussite sont investis au sein de la famille des lutteurs, mais aussi au-delà, dans leur quartier de résidence et jusque dans leur village d’origine. Cela a permis de mettre en lumière les formes d’investissement collectif dans la carrière sportive, ainsi que les attentes en termes de réciprocité et de redistribution qui sous-tendent cet investissement.

Cette enquête de terrain s’est accompagnée d’un travail d’archives (notamment à travers le dépouillement de la presse coloniale) afin de replacer la lutte sénégalaise dans une histoire de plus longue durée. Nous avons ainsi pu retracer comment la lutte villageoise, qui existait depuis l’époque précoloniale, a été transformée dans les années 1920 en sport-spectacle urbain sous l’impulsion d’entrepreneurs privés. Nous avons également pu étudier le long et tortueux processus d’institutionnalisation sportive de la lutte sénégalaise, entamé à l’indépendance du pays en 1960, et les résistances qu’il a suscitées et continue parfois de susciter.

 

  • Combat
  • La lutte, un spectacle
  • Fans d’un lutteur « populaire »
  • Lutte, business et notoriété : la présentation du drapeau du parrain du combat
« La fabrique des champions » - Photos de terrain

Crédits : J. Bonhomme

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