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Dernière modification : 24 septembre 2018

Jean-Baptiste ECZET

LAS

Post-doctorat labex TransferS : septembre 2018 à août 2019

 

L’aire relationnelle du cattle complex. Transferts des couleurs, des savoir-faire et des modes de vie

Ce projet de recherche vise à décrire et à analyser différents types de transferts intra-culturels caractérisant le pastoralisme en Afrique de l’Est jusqu’à aujourd’hui : la circulation de propriétés colorées issues des bovins dans les socialités humaines ; la transposition des compétences pastorales dans les savoir-faire politiques, et réciproquement ; le passage récurrent de collectifs entre modes de vie pastoral et de chasseurs/cueilleurs.

À partir d’une étude menée depuis plus de dix ans parmi les Mursi, une population du sud-ouest éthiopien, et d’une ethnographie originale entièrement constituée en langue vernaculaire, mon projet de recherche entend contribuer à une compréhension renouvelée du pastoralisme régional contemporain, y compris face aux pressions étatiques qui s’intensifient.

La description de ces pratiques pastorales ne permet pas seulement une meilleure compréhension d’un mode de subsistance, mais également de l’aire relationnelle dans laquelle il s’inscrit. Cela permettra notamment de comprendre l’indépendance des pasteurs vis-à-vis des Etats coloniaux puis Africains, ainsi que leur capacité d’adaptation et de résilience face aux bouleversements successifs que ces régimes de gestion du territoire ont produit et produisent encore. Mais l’argument dépasse une dite modernité : l’histoire des populations nilotes est-africaines, partiellement reconstituable à partir du XIXe siècle, indique que ces pasteurs ont régulièrement dû supporter des reconfigurations drastiques du collectif (scissions, assimilations ou disparitions suite à des famines, des guerres et des migrations) sans que cela n’entraîne de modifications profondes de leurs institutions et de leurs modes de vie. Une attention soutenue au pastoralisme en Afrique s’avère aujourd’hui nécessaire car, comme en témoigne les travaux récents, il reste l’avenir d’une large partie du continent qui est impropre à l’agriculture.

Du point de vue théorique, rendre compte d’une population et de sa manière de vivre dans ce qu’elles conservent d’indépendant vis-à-vis des États ne revient pas à adopter une attitude classique d’atemproalité et d’autonomie culturelle. Depuis plusieurs dizaines d’années, les avancées de l’anthropologie, de l’ethnohistoire et de l’archéologie nous ont appris à nous méfier des « faux archaïsmes » : un collectif de chasseurs cueilleurs vivant à l’écart des structures étatiques ne saurait être considéré comme un reflet du néolithique. Ainsi, comprendre pourquoi et comment des groupes s’engagent au XXIe siècle dans le pastoralisme transhumant ou dans la chasse et la cueillette, ou comprendre comment le tourisme photographique est contenu à une place dérisoire dans la vie quotidienne, revient à analyser des stratégies éprouvées de longue date de contournement de pouvoirs centraux, au profit de politiques égalitaires, de régimes politiques fondés sur la pratique de débats et de maintien d’un libre-arbitre qui s’oppose aux gouvernances holistes.

 

Après un master en Sciences des religions et sociétés (mention Anthropologie) à l’EHESS (2006) et un master en Arts politiques à Sciences Po (2012), Jean-Baptiste Eczet a obtenu un doctorat d’Anthropologie à l’EPHE (2013). Ses recherches portent sur les Mursi, un peuple d’éleveurs éthiopiens, et s’intéressent aux transferts intraculturels et à la projection dans le domaine du politique.

 

Thèmes de recherche

  • Sociétés pastorales de l’Afrique de l’Est Esthétique
  • Politique et pragmatisme

 


 

  • Olelu (Taureau Noir-Blanc-Noir), 2015
  • Orateur durant un débat public, 2015
  • Séance de scarification, 2015
  • Sacrifice d’un bœuf, 2015
  • Deux jeunes femmes attendant les touristes, 2015
« L’aire relationnelle du cattle complex » – Photos de terrain

Photos : J.-B. Eczet

 

décembre 2018 :

novembre 2018 | janvier 2019

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