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Dernière modification : 21 septembre 2017

Multilinguisme et créativité littéraire
Étude génétique des manuscrits d’écrivains multilingues et des traducteurs

Olga ANOKHINA – ITEM
Depuis 2013

 Présentation

L’objectif principal de ce projet est d’étudier l’impact du multilinguisme sur la créativité littéraire, en s’appuyant sur l’étude approfondie des cas concrets de plurilinguisme des écrivains pratiquant des langues de familles linguistiques différentes (Nabokov, Beckett, Gary, Wang Wen-hsing, Anne Weber, Valéry, Pouchkine, Amelia Rosselli, Arendt, Pessoa…). La comparaison de ces pratiques variées sert à comprendre la créativité littéraire multilingue à travers l’observation des traces matérielles des processus cognitifs sous-jacents.

L’approche du processus créatif du traducteur et de l’écrivain plurilingue se fait grâce à l’observation de leurs documents de travail. Les traces matérielles dans ces documents, observables selon l’approche génétique et méthodologie élaborée à l’ITEM, permettent d’analyser et de comprendre les processus cognitifs sous-jacents à la pensée traduisante à l’œuvre et les stratégies d’écriture qu’elle engendre.

Le projet ouvre un nouveau champ d’études sur la relation entre le multilinguisme et la créativité dans l’écriture. Il met en miroir également le plurilinguisme littéraire et la traduction, en dessinant les terrains de rencontre mais aussi les points d’opposition. Si écrire est toujours traduire – traduire les pensée en mots, en discours linéaire couché sur le papier, discours interrompu et relancé par les repentirs, les déplacements, les suppressions, toutes ces opérations qui ont été identifiées par la critique génétique depuis les années 1970 – peut-on affirmer que tout traducteur est un écrivain ? L’opinion des écrivains et des traducteurs divergent à ce sujet. Ainsi, Anne Weber qui écrit en français et en allemand et qui s’autotraduit systématiquement, affirme que « traduire ce n’est quand même pas la même chose que de se retrouver devant une page blanche ». Carme Riera, écrivaine catalano-espagnole, se dit quant à elle être incapable de ne pas modifier son texte lorsqu’elle le « traduit » vers une autre langue. Les chercheurs impliqués dans le projet s’emploient à saisir les différences et les similitudes entre la mise en pensée et la mise en texte d’une œuvre écrite et d’une œuvre traduite. L’observation du processus créatif des traducteurs, mais aussi de différentes pratiques scripturaires des écrivains qui s’autotraduisent, collaborent avec des traducteurs tiers ou qui confient leur traduction à leurs collaborateurs permettra de saisir la véritable nature de l’écriture créative et de la traduction.

 

décembre 2017 :

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