Accueil > Recherche > Professeurs invités > Invités 2017-2018 > Caroline VAN ECK

Dernière modification : 14 mai 2018

Caroline VAN ECK

Université de Cambridge (Royaume-Uni)
Invitée de Pays germaniques – avril et mai 2018

JPEG - 49.9 ko

Aux mois d’avril et mai 2018, le labex TransferS et Isabelle Kalinowski (Pays germaniques) accueillent Caroline VAN ECK, professeur d’histoire de l’Art à l’Université de Cambridge (Royaume-Uni).

 

La formation des styles et le transfert culturel

Toutes les conférences seront données en français

 

  • 19 avril, 15-17h, Musée du Louvre, Salle Piranèse (Département des Objets d’Art)
  • Caroline van Eck : Le candélabre de Piranèse : œuvre romaine, restauration, faux ou invention nouvelle ?
  • Le candélabre colossal de Piranèse qui se trouve maintenant dans la Salle Piranèse du Louvre, dans le Département des Objets d’Art récemment renouvelé, pose des questions sur les origines de cet objet qui a beaucoup voyagé dans le Louvre, sur son authenticité, mais aussi sur son rôle dans la formation du Néo-Classicisme. Son exposition dans une salle consacrée au collectionnisme d’objets antiques au XVIIIe autorise des analyses comparatives avec les candélabres romains authentiques qui sont ses voisins, et permet ainsi de mieux comprendre comment Piranèse a construit, à partir de quelques fragments trouvés à la Villa Hadriana, des objets qui à première vue ont l’air romain, mais qui sont en fait sont des documents importants des procédés de transfert matériel et culturel associés aux styles historisants de la fin du XVIIIe siècle.

 

  • 3 mai, 10-12h, ENS, Salle d’Histoire (45 rue d’Ulm)
  • Caroline van Eck et Mildred Galland-Szymkowiak : ’Tu es vivant, mais tu ne me fais pas de mal !’ L’effroi, l’empathie et la projection
  • Dans ses fragments sur une psychologie moniste de l’art de 1888, Aby Warburg note cet énoncé : ’Tu es vivant, mais tu ne me fais pas de mal !’. Le contexte de ce constat fait penser que l’interlocuteur de Warburg n’est pas un être humain, ni par exemple un animal sauvage, mais une œuvre d’art. Le thème de l’œuvre d’art médusante est un thème constant dans l’art occidental et ses discours, depuis la version du mythe de Méduse d’Ovide où la Gorgone devient la sculptrice originale. Mais l’effet médusant présuppose une interaction entre l’image et le spectateur. C’est le regard conscient qui pétrifie, et cet effet est donc une figuration de ce qui se passe souvent entre une œuvre d’art et ses spectateurs, qui lui prêtent des émotions, des intentions, et une vie intérieure. Pour l’esthétique idéaliste, cet enchevêtrement détruit la distance nécessaire à l’expérience esthétique ; mais pour des penseurs comme Warburg, inspiré par Darwin, il fait partie de la condition humaine. Warburg se place dans le sillage des théoriciens de l’Einfühlung ; mais des recherches plus récentes sur l’empathie et la sympathie ont montré que la peur des images pose des questions bien plus fondamentales sur le rôle de l’imagination et des attachements aux objets dans l’enfance, et sur les rapports entre empathie, sympathie, projection et identification projective.

 

  • 4 mai, 9h30-12h30, ENS, salle 235B (bâtiment Jaurès)
  • Caroline van Eck & Isabelle Kalinowski : Gottfried Semper et l’anthropologie de l’architecture
  • Dans le cadre du séminaire « Transferts culturels », organisé par Michel Espagne et Pascale Rabault-Feuerhahn
  • L’architecte allemand Gottfried Semper (1803-1879) bouscula les ordres de préséance entre architecture et décor, support et revêtement, forme et ornement. Pour Semper, l’existence d’une polychromie de l’architecture et la sculpture antiques n’était pas seulement un phénomène historique dont il importait de retrouver les traces tangibles ; c’était aussi le fondement d’une réinterprétation profondément neuve des fonctions de l’architecture, qui, à partir de la découverte de l’origine « textile » de l’architecture et de ses couleurs, exposée dans les deux volumes monumentaux de Der Stil (1860 et 1863), engagea un renouvellement profond de l’anthropologie des constructions humaines, de leurs formes et de leurs techniques. Caroline van Eck et Isabelle Kalinowski
  • L’historienne de l’art Caroline van Eck (professeur à l’université de Cambridge) et la germaniste Isabelle Kalinowski (CNRS, Laboratoire Pays germaniques) ont collaboré à la parution récente de deux numéros de revue consacrés à Semper : « G. Semper. Habiter la couleur », Gradhiva, printemps 2017 ; « G. Semper. Architecture et anthropologie au XIXe siècle », Revue germanique internationale, automne 2017. Elles préparent ensemble également une traduction en français de Der Stil (Editions d’en bas). La séance sera consacrée à une présentation des apports de ces différentes publications.

 

  • 16 mai 2018, 16-18h, - !- musée des Arts décoratifs, amphithéâtre - !-
  • Caroline van Eck : Alfred Gell’s Art and Agency Revisited
  • Après une première réception assez négative en France, il est temps de revenir sur Art and Agency, le livre posthume d’Alfred Gell, publié en 1998, qui a changé le discours sur l’art et surtout les rapports entre anthropologie et histoire de l’art. La notion d’agency a fait une carrière fulgurante dans les sciences humaines et sociales, où souvent elle est devenue un simple synonyme d’effet. En écartant précisément de sa théorie la notion d’œuvre d’art et d’esthétique, Gell a ouvert le champ pour un renouveau de l’étude des rôles sociaux des œuvres. Pour faire le bilan des 20 ans d’Art and Agency, nous souhaitons revisiter quelques aspects des plus contestés du livre : le refus de Gell d’inclure les aspects esthétiques ou sémiotiques dans sa théorie, et ses idées sur l’agentivité distribuée. Surtout, il faudra revisiter son chapitre sur le style, et voir comment sa théorie de transformation de motifs peut aider à comprendre la formation de styles à travers les âges.

 


  • Entrée libre dans la limite des places disponibles

    Jeudi 19 avril, 15h-17h
    Musée du Louvre, salle Piranèse
    Rue de Rivoli, 75001

    Jeudi 3 mai, 10h-12h
    ENS, salle d’Histoire (2e étage, escalier D)
    45 rue d’Ulm, 75005

    Vendredi 4 mai, 9h30-12h30
    ENS, salle 235B (2e étage aile Ulm)
    bâtiment Jaurès, 29 rue d’Ulm / 24 rue Lhomond, 75005

    Mercredi 16 mai, 16h-18h
    Musée des Arts décoratifs, amphithéâtre
    107 Rue de Rivoli, 75001


octobre 2018 :

septembre 2018 | novembre 2018

haut de page