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Dernière modification : 30 mai 2018

Carlos SAUTCHUK

Université de Brasilia (Brésil)
Invité du LAS – printemps 2019

Durant le printemps 2019, le labex TransferS et Perig Pitrou (LAS) accueillent le professeur Carlos SAUTCHUK, du département d’anthropologie de l’Université de Brasilia.

 

Techniques du vivant et transferts sociotechniques
Ethnographie des sociétés amazoniennes

Depuis plus d’une décennie, Carlos Sautchuk réalise des enquêtes sur les modes de relations que les sociétés métisses et amérindiennes de l’Amazonnie entretiennent avec les poissons, en particulier avec le pirarucu (Arapaima gigas). À partir de trois études de cas, basées sur des enquêtes ethnographiques, ses présentations analyseront comment le transfert de nouvelles techniques de pêche ou d’élevage est accueilli par les communautés locales. Dans une perspective comparatiste, l’enjeu est de mettre en relation les réflexions menées dans le domaine de l’anthropologie de la vie et dans l’anthropologie des techniques, afin de montrer comment la meilleure compréhension des techniques du vivant aide à mieux connaître les théories de la vie qui prévalent en Amazonie.

  1. Le premier cas étudié concerne la pêche au harpon des caboclos (métisses amazoniens) dans la communauté riveraine de Vila Sucuriju, sur le littoral de l’État du Amapa, entre l’embouchure de l’Amazone et la Guyane française (Réserve biologique du Lac Piratuba). L’objet de cette recherche est de déterminer les changements dans les relations des humains avec les poissons que produit l’introduction de nouvelles techniques de pêche – notamment l’utilisation de filets ou des moteurs sur les embarcations.

  2. Le deuxième cas concerne les pratiques de développement durable et de quotas observées dans la même région et dans la Réserve écologique Mamirauá. Ce sont ici les accords passés entre les communautés locales et les fonctionnaires de l’État chargés de la protection de la nature, associés à des scientifiques, qui sont analysés. L’attention porte notamment sur la création d’un protocole élaboré pour estimer la population de poissons pirarucu et définir la quantité autorisée pour la capture. La confrontation – et le transfert – des savoirs et des savoir-faire des pêcheurs traditionnels et des fonctionnaires et biologistes est examinée avec soin.

  3. D’une manière plus large, des enquêtes sur la domestication des poissons ont été réalisées dans d’autres villes de l’Amazonie brésilienne, comme Manaus, Rio Branco, Porto Velho, Santarém et Palmas. L’objectif est de décrire et d’analyser les projets récents de domestication initiés par le biais de l’aquaculture des espèces autochtones d’Amazonie. L’enjeu est, ici encore, de suivre les transformations que ces techniques provoquent dans les relations des humains avec les êtres vivants et la manière dont les idées autour du sauvage et du domestique sont redéfinies par ces nouvelles pratiques.

 

Les bases théoriques et méthodologiques adoptées dans ces recherches sont constituées par les travaux d’auteurs français du domaine de l’anthropologie de la technique française (Mauss, Haudricourt, Leroi-Gourhan, Lemonnier etc.) et par les recherches récentes réalisées par l’équipe « Anthropologie de la vie et des représentations du vivant », dirigée par Perig Pitrou au sein du Laboratoire d’anthropologie sociale. 

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