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Dernière modification : 16 juin 2016

Transferts entre la Grèce et l’Allemagne XIXe-XXe s.
Identités et imaginaires croisés de l’hellénisme

Servanne JOLLIVET – Pays Germaniques
Depuis 2016

Résumé

Le présent projet vise à étudier les échanges et transferts entre la Grèce et l’Allemagne au cours des XIXe et XXe siècles. Le rapport à l’Antiquité constitue sans conteste le principal pivot autour duquel s’orchestrent ces différents transferts, à la fois du côté grec, qui y puise une source de légitimation et du côté européen, à travers la référence à la Grèce ancienne comme commune matrice. Dans le cas allemand, la référence à l’hellénisme antique est en effet part intégrante de la construction de l’imaginaire allemand, étayé par un vaste réseau intellectuel et le développement conjoint des études classiques, philologiques et archéologiques. Soutenus notamment par les mouvements philhellènes, dès la fondation de l’État grec et jusqu’aux années trente, ces transferts se développent en effet de manière intensive, alimentant également non sans ambivalence des mouvements de réaction, orientalistes ou mishellènes. Inversement, l’influence de la pensée allemande s’avère tout aussi incontournable pour repenser les enjeux liés à la construction identitaire grecque. Dès les débuts de la construction du nouvel état, l’identité néohellénique n’a en effet cessé d’être pensée au miroir de modèles allemands, profondément marquée par le philhellénisme et l’idéalisme afférent à la Grèce ancienne. L’un des enjeux sera ici de questionner les modèles et paradigmes venus d’Allemagne, notamment le rôle prégnant du paradigme néo-classique, qui sous-tendent la réflexion identitaire en Grèce aux XIXe-XXe siècles. L’intérêt de ce projet est de mesurer la portée de cette réappropriation mutuelle telle qu’elle continue d’imprégner profondément, de part et d’autre, « l’imaginaire » grec et allemand, comme en témoignent les rapports de force, discours et rhétoriques identitaires actuels, particulièrement exacerbés en contexte de crise. Une ouverture en direction de la Chine est ici envisagée qui permettra de confronter, en partant de l’étude des transferts depuis l’Antiquité, des problématiques communes liées aux réappropriations européennes de l’héritage antique, en Grèce comme en Chine. L’étude croisée de ces transferts nous permettra d’examiner dans quelle mesure ces relations, parfois ambivalentes avec l’Europe (Allemagne-Grèce), servent également de prisme aux relations et transferts entre ces deux pays (Chine-Grèce).

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